Du magazine en ligne vers les livres papier

Notre aventure au sein du Wagon 42 est passionnante. Pour être honnête elle est également épuisante, mais elle nous permet tout de même des rencontres et des expériences très enrichissantes !

Vous savez que tout a commencé par le magazine en ligne le train de 13h37, qui avec son rythme hebdomadaire est très vite devenu comme un membre de la famille. Le petit dernier, plutôt turbulent, qui aime faire savoir qu’il est là et qui a besoin d’attention.
Grâce à lui nous avons déjà pu échanger avec plus d’une vingtaine d’auteurs, certains que l’on connaissait d’avant, d’autres non, et à chaque fois les échanges ont été très intéressants.

Le magazine continue mais cela ne nous empêche pas de poursuivre en parallèle : on vous a déjà dit qu’on allait également éditer des livres. Et bien on y est !

En effet, on a le plaisir de vous annoncer que le premier livre des éditions En Voiture Simone sera disponible dès mardi 16 octobre : en pré-vente pour la version papier, et en vente directe pour les versions numériques (pdf et epub sans DRM) !

En attendant de vous dévoiler le Petit Précis de Créativité, écrit par la fantasque et talentueuse Virginie Caplet, nous allons vous raconter la petite histoire du premier livre des éditions En Voiture Simone vue du côté de l’objet en lui-même.
On aura également des choses à raconter sur les parties rédaction du livre ainsi que son maquettage, mais ça sera pour une prochaine fois.

De la confection d’un livre

Comme souvent, tout est parti d’une idée : nous voulions naturellemment travailler sur le contenu mais également sur le contenant. Essayer de vous proposer un joli objet un peu différent des « livres d’informatique » habituel.

Cela a d’abord commencé par les dimensions. On l’a voulu petit, qu’il puisse tenir dans une poche et trainer sur un coin de bureau, un peu comme un carnet de notes. C’est pour cela qu’il fait 10 cm par 15 cm pour 88 pages. Tout ce qui est petit est mignon, non ? :)

Nous avons poursuivi avec le papier. Cet épisode est amusant car nous avons découvert un univers jusqu’alors inconnu : des fabricants, les grammages, le bouffant, les traitements, etc.
Après avoir reçu des échantillons de plusieurs fabricants − dont certains colis reçus n’avaient pas grand chose à envier aux produits Apple − nous avons jeté notre dévolu sur le Munken Lynx de Chez Arctic Paper à la fois pour la couverture (300 g/m²) et les pages intérieures (90 g/m²). Tant la qualité du papier, son toucher − oui on a touché, caressé et effleuré pas mal de papiers pendant cette phase :)− que la démarche environnementale d’Arctic Paper nous ont convaincus.

Venons-en à la reliure. Les carnets de notes qui s’apparentaient à ce qu’on cherchait à obtenir comme produit final avaient un défaut à nos yeux : leur reliure en 2 piques métal (en terme moins technique : 2 agrafes) qu’on voulait remplacer par quelque chose de plus élégant, sans pour autant tomber dans le traditionnel dos carré collé : on voulait une jolie couture sur la tranche du livre. Une reliure en couture Singer pour utiliser le terme exact. Et on peut vous dire que ça n’a pas été une partie de plaisir pour arriver à nos fins sur ce point !

Belle couture, beau papier

Au total nous avons contacté plusieurs imprimeurs pré-sélectionnés sur internet. On voulait que les livres soient confectionnés en France, si possible avec un circuit court, et avec un prestataire de confiance. Donc exit les services à bas coût qui produisent on ne sait où et les personnes ne sortant pas de leur carcans de produits tout prêts. On a reçu des devis pour des objets qui ne ressemblaient pas à ce qu’on voulait (papier, reliure), d’autres nous disant même que, mon bon Monsieur, la couture Singer c’est devenu impossible à faire. Et dire qu’on a failli les croire.

Et puis un jour, on appelle un imprimeur situé à Avignon, proche de chez nous, on lui parle de ce qu’on souhaite faire et il semble très réceptif. Premier point positif : il pouvait travailler avec le papier que l’on voulait. On tente alors le tout pour le tout « Et en fait on aimerait bien une reliure en couture Singer, vous pensez que ça serait possible ? ». « On ne le fait pas ici mais je peux me renseigner ». C’était un vendredi. On double d’un email pour récapituler nos critères.
Le lundi soir on reçoit un devis pour exactement ce qu’on voulait ! Ô joie ! Alors oui ce type de couture a un impact sur les coûts de production mais on décide de dire oui. Toujours aller au bout de ses idées pour ne rien regretter.

Depuis on a découvert une chouette imprimerie familiale en Avignon, l’imprimerie De Rudder, dont on ne peut que vanter l’amour du travail bien fait, la satisfaction du client et le partage de son univers. L’ensemble de l’équipe a été réceptif à notre aventure et s’est démené pour que le produit fini soit à la hauteur de nos espérances et exigences (et des leurs). Et en plus ils sont dans une démarche environnementale intéressante en étant certifiés ISO 140001.

Du coup on a pu visiter l’ensemble de leurs locaux, voir les machines, mieux comprendre leurs métiers, certaines contraintes, etc. Et, clou du spectacle, on a pu assister à l’impression de nos livres en étant présent dès les calages machines, à vérifier les sorties couleurs avec le conducteur pour affiner une dernière fois avant le tirage offset final.

Chez l'imprimeur...

Une super aventure on vous dit ! Celle-ci ne fait que commencer et on espère donc que vous accueillerez ce premier livre avec le même plaisir qu’on a eu à le confectionner. Dans tous les cas on est déjà très heureux d’avoir pu le faire réaliser prêt de chez nous avec des gens formidables (auteur, relecteurs, imprimeurs).

On ne vous cachera pas qu’on a pris un gros risque financier pour aller au bout de nos idées dans ce nouvel univers de l’édition. Disons que c’est, à notre niveau, notre contribution à inciter d’autres personnes à sortir eux aussi de leur zone de confort et à se lancer. On vous garantit que l’on n’a pas le temps de s’ennuyer pour le coup ;)

Vous aurez compris qu’on a essayé d’être les plus exigeants envers nous-même et les gens qui ont travaillé sur ce livre (et le prochain). Bien sûr rien n’est jamais parfait, surtout du premier coup, mais il ne vous reste plus qu’à vous laisser convaincre et à le pré-commander dès mardi !

Quel modèle économique pour un magazine en ligne ?

Pour inaugurer ce blog, nous aimerions aborder un sujet qui intrigue bon nombre d’entre vous et qui concerne le modèle économique du magazine le train de 13h37.

En effet, le magazine publie chaque mardi deux nouveaux articles originaux pour lesquels leurs auteurs sont rémunérés. Il fallait donc trouver un modèle économique qui soit viable et qui nous permette d’être rentable.

Arriver à sortir une nouvelle édition chaque semaine n’est pas évident, mais finalement il s’agit là de quelque chose de plutôt facile. Cela demande surtout beaucoup de temps et d’énergie : nous y passons de nombreuses journées et une bonne partie de nos soirs et week-ends (surtout avec la  refonte qui se prépare et l’ajout des nouvelles fonctionnalités qui vont avec). Mais jusqu’à présent, force est de constater que nous nous en sortons plutôt bien puisque les éditions paraissent semaine après semaine. :)

Cela étant, l’investissement temporel à lui seul ne suffit pas : tôt ou tard la question de la rentabilité finit par se poser. Quel modèle économique pour ce type de publication, sachant que dès le départ une contrainte a été fixée : les contenus devaient être gratuits et accessibles à tous. Le choix d’une d’une licence Creative Common BY-NC-SA s’est naturellement imposé à nous.

Mais si les contenus sont gratuits, cela signifie qu’il faut s’appuyer sur d’autres éléments pour atteindre l’équilibre financier. Parmi les différentes pistes envisagées, voici les trois que nous avons retenues :

  • publicité ;
  • abonnement ;
  • vente de produits dérivés.

 La publicité : la « fausse bonne idée »

Nous avons spontanément pensé à la publicité comme premier moyen de monétisation. Mais pour que cela génère une entrée d’argent significative, il faut que le site ait une notorité suffisante pour générer un trafic important, ce qui n’est pas le cas d’un magazine qui se lance… Il est bien sûr possible d’organiser une régie interne en démarchant des annonceurs ciblés, mais cela demande du temps et certaines compétences que nous n’avons pas forcément.

De plus, l’affichage de publicités pose certains problèmes : nous n’avons pas la main sur le contenu qui est publié, et il nous est déjà arrivé de regretter certaines annonces. Nous sommes également conscients du fait que bon nombre de personnes utilisent des bloqueurs de pub, ce qui les rend finalement assez peu efficaces.

Je peux donc vous annoncer que pour la prochaine version du site (qui ne va plus tarder à arriver), la publicité sera supprimée.

C’est un pari qui nous plaît. Et si nous arrêtions de vendre des espaces sur notre site, le rendant moins agréable à consulter, alors que nous passons notre temps à travailler sur la qualité de l’expérience du lecteur ? À bien y réfléchir c’était assez antinomique…

Les abonnements : la solution « logique »

Nous y avons pensé dès le début car cela nous paraissait la voie la plus équitable, la plus logique et −on l’espère− la plus pérenne.

En effet nous vous proposons un service gratuitement (publier des articles de qualité chaque semaine) et si vous êtes convaincus, que vous voulez bénéficier de fonctionnalités supplémentaires, et que voulez que l’aventure continue, vous vous abonnez.

Cela colle bien à l’idée que nous nous faisons du projet : des auteurs rémunérés, un rythme de publication régulier, des articles disponibles gratuitement et des lecteurs qui s’abonnent car tout cet écosystème leur plaît.

Nous avons également voulu expérimenter et ne rien imposer : Quel devrait-être le juste prix de l’abonnement ? Est-ce qu’un étudiant devrait payer le même prix que le responsable technique d’une agence grand compte ?

C’est pourquoi nous avons décidé de vous laisser seuls juges du montant de l’abonnement en fonction de vos moyens et de la valeur que vous donnez au travail des Contrôleurs et des auteurs.

En toute transparence, voici les chiffres depuis le lancement : 720 € TTC via 29 abonnements (soit 2,07 € / abonnement en moyenne et 59% des abonnés à 1€/mois).

Nous sommes certainement de doux rêveurs mais nous sommes tout de même réalistes : à ce rythme les abonnements ne suffiront pas à couvrir nos dépenses. Nous le supposions avant de nous lancer et pour l’instant cela semble donc se vérifier. Ceci étant dit, nous pensons que les choses peuvent évoluer car le projet est récent et assez peu connu (si vous aimez ce qu’on fait n’hésitez pas à en parler autours de vous), et l’ergonomie actuelle du site ne met pas suffisamment en avant notre offre d’abonnement.

Nous ferons certainement mieux, tous ensemble, avec le temps. :)

La vente de produits : la solution « complémentaire »

Vendre pour vendre ne sert à rien, je pense que vous serez d’accord avec nous. Mais si les produits sont intéressants et utiles, alors ils ont de fortes chance de vous plaire, en tout cas on l’espère ! C’est pourquoi nous tentons cette voie-là également.

Comme nous l’avons annoncé, nous allons commencer par publier des livres. Des vrais. De ceux que l’on tient dans la main, que l’on peut respirer, toucher, écorner, prêter à un ami. Nous en avions l’envie depuis le tout début et nous l’avons fait !

Le premier sera disponible très prochainement (avant même la fin du moins de novembre) et sera suivi par un second ouvrage très rapidement. Nous aimerions pouvoir lancer une publication régulière, mais il est fort probable que tout se jouera sur l’accueil fait aux deux premiers livres. Nous vous donnerons bientôt plus de détails.

Les livres physiques seront naturellement accompagnés de leurs versions numériques (aux formats pdf et epub), sans DRM bien sûr, que vous pourrez au choix acheter dans un pack complet (papier + numérique) ou à part.

Si nous réfléchissons bien, la valeur ajoutée du magazine tient dans ses contenus et les articles aux formats numériques seront bientôt enfin accessibles à nos lecteurs abonnés 1ère Classe. Cela fait partie des « fonctionnalités » de confort supplémentaires intéressantes que nous avons voulu proposer.

Mais quid d’un lecteur de passage ? Pour lui, comme pour ceux qui nous lisent régulièrement sans pour autant franchir le pas de l’abonnement, il sera alors possible d’acheter des articles aux formats numériques à l’unité, afin de les lire tranquillement sur le support de leur choix lorsqu’ils ne sont pas connectés. Nous avons en tête d’aller encore un peu plus loin, mais nous vous en reparlerons le moment venu.

Sommes-nous sur les bons rails ?

Voici l’état de nos réflexions, de celles qui nous hantent parfois même la nuit ;)

Certaines idées échoueront peut-être… Mais nous essayons d’avancer en gardant en tête ces objectifs d’équité et de pérennité.

Nous sommes également preneurs de vos retours, sur comment vous voyez les chemins que nous empruntons et si vous pensez à un modèle économique qui nous aurait échappé ?
N’hésitez pas à nous fait part de vos impressions !